Fermeture des chaînes CKSA et CITL : Lloydminster perd deux piliers des nouvelles locales
Le Groupe Stingray, conglomérat médiatique canadien, a annoncé mardi la fermeture soudaine de deux stations de télévision locales à Lloydminster, CKSA-TV et CITL-TV, mettant fin à plus de 60 ans de diffusion et supprimant 19 emplois d’un seul coup. La décision a été communiquée au personnel lors d’une réunion tenue le 13 mai, sans préavis, selon une ex-employée. Les stations ont été fermées le jour même, privant les employés de la possibilité de faire leurs adieux à l’antenne. CKSA avait commencé à émettre en 1960, tandis que CITL avait vu le jour en 1976.
Au fil des décennies, les deux chaînes ont été affiliées à de grands réseaux nationaux, dont CBC, Global et CTV, jouant un rôle clé dans l’accès à l’information locale pour la communauté de Lloydminster et ses environs. Le président de Stingray Radio, Steve Jones, a indiqué que la situation financière des stations se dégradait depuis plusieurs années et qu’elle s’était particulièrement détériorée après la pandémie de la COVID-19. C'était une décision absolument déchirante. Selon Steve Jones, les revenus des stations ont chuté de plus de 50 % au cours des six dernières années. De nombreux jeunes reporters ont décroché leur premier emploi à la station de télévision de Lloydminster. (CITL-TV/YouTube) Photo : CITL-TV/YouTube Steve Jones a indiqué que Stingray avait tenté, pendant plusieurs mois, de vendre les deux stations, et que le directeur régional de l'entreprise en Alberta avait informé le maire de Lloydminster de leur fermeture.
Le maire, Gerald Aalbers, a toutefois contesté cette affirmation. C’était une surprise totale. J’aurais certainement aimé qu’on me donne la chance, ne serait-ce que d’essayer de les faire changer d’avis. Mais je ne l’ai pas eu. J’étais donc tout autant dans le flou que les employés qui ont appris la nouvelle mardi matin. Gerald Aalbers a précisé que les habitants de Lloydminster — une ville à cheval sur la frontière entre l’Alberta et la Saskatchewan — ainsi que ceux des communautés environnantes devront désormais se tourner vers Edmonton ou Saskatoon pour s’informer sur l’actualité locale. La disparition des stations CKSA-TV et CITL-TV à Lloydminster représente bien plus qu’un simple recul de l’information locale : elle prive les jeunes journalistes d’un tremplin essentiel en début de carrière, estime Claire Hanna, cheffe du bureau de TSN à Ottawa. Ancienne employée de CKSA, Mme Hanna affirme que cette première expérience a été déterminante dans son parcours. Elle craint qu’avec la fermeture des stations régionales, les futurs journalistes soient projetés trop tôt dans de grands réseaux, sans avoir eu le temps de se former adéquatement, au détriment de la qualité du journalisme à l’échelle nationale. Pour Brian Mudryk, aujourd’hui animateur à SportsCentre et commentateur des matchs du Canadien de Montréal, la station CKSA représentait bien plus qu’un simple emploi de début de carrière. CKSA-TV a été lancée en 1960. (Jim Ardle/CKSA) Photo : (Jim Ardle/CKSA) La fermeture de CKSA s’inscrit dans une vague plus large de disparition des médias locaux à travers le Canada. Selon le Centre canadien de politiques alternatives, près de 2,5 millions de Canadiens vivent désormais dans des zones postales avec un seul — voire aucun — média d’information locale, soit le double d’il y a quinze ans. Depuis 2008, le nombre de diffuseurs privés en radio et en télévision a chuté de 9 % au Canada. Cette tendance s’est accélérée en 2024, avec une vague de fermetures marquantes au sein des réseaux CTV et Corus, qui ont largement contribué à cette baisse. La municipalité compte toutefois encore au moins un journal local, le Meridian Source, ainsi que plusieurs stations de radio, dont l’une appartient à Stingray Radio. Le président de cette dernière, Steve Jones, a par ailleurs assuré qu’aucune fermeture n’était prévue pour les stations de radio de l’entreprise dans la région. Avec les informations de Chris EdwardsUne situation financière en déclin

Un vide pour l’information locale et la relève journalistique
C’était profondément, profondément attristant, dans la mesure où nous perdons une véritable icône de notre ville. Comment l’information locale sera-t-elle désormais partagée ? Comment les événements sportifs seront-ils enregistrés et conservés pour les générations futures ? Cela soulève tout une série de questions quant à la manière dont la ville communiquera à l’avenir.
Je ne serais pas à TSN aujourd’hui sans CKSA et Lloydminster
, confie-t-elle.C’était un endroit formidable
, se souvient-il, évoquant un lieu où les jeunes aspirants journalistes pouvaient expérimenter, faire des erreurs et progresser dans leur apprentissage du métier.
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